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La découverte des estampes japonaises.
Félix Bracquemond, les frères Goncourt et plus tard Monet, ont cherché individuellement à s’octroyer la primeur de la découverte des estampes japonaises et sans vouloir s’immiscer dans cette vieille querelle, il faut essayer de rétablir les faits. Interrogé par ses biographes, Gustave Geffroy et jean-Pierre Hoschedé, Monet accrédite l’idée qu’il a découvert les estampes japonaises lors d’un séjour à Zaandam en Hollande en 1871.
Deux ans avant sa mort, désirant sans doute embellir son rôle d’initiateur, Monet affirme à Marc Elder avoir acheté sa première estampe au Havre, en 1856, à l’âge de seize ans.
Cette dernière explication est sujette à caution, d’autant que le premier traité com-
mercial avec la France, consécutif à l’ouverture du japon, n’est signé que le 9 octobre 1858. Si des estampes parviennent en France avant cette date, il s’agit surtout d’estampes contemporaines de Yokohama. Les œuvres d’Hokusai, d’Hiroshige et plus tardivement d’Utamaro ne sont connues d’un cercle restreint d’amateurs que dans les années 1860.
Certains historiens d’art, tel Jacques Dufwa, pensent même que sa collection date de son installation à Giverny, en 1883, quand ses moyens financiers lui ont permis d’acheter des épreuves plus chères. Mais, dans son compte-rendu de l’Exposition Universelle de 1878, Le japon à Paris, Ernest Chesneau, critique attentif et bienveillant des impressionnistes depuis 1874, parlant des collections de peintres, cite celles de Degas et de Monet. Il confirme ainsi la première version du peintre sur sa « découverte des estampes en Hollande », d’autant que le tableau Méditation. Madame Monet au Canapé (jeu de Paume) présente dès 1871 un décor japonisant avec éventail et porcelaine. |