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Claude Monet. La collection d'estampes japonaises

   

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- La culture japonisante de Claude Monet.

Le japonisme, défini comme un engouement pour l’art japonais, avec ses répercussions dans l’art et la décoration en Europe, marque la deuxième moitié du XiXe siècle. Soutenu par les manifestations officielles, les marchands, les collectionneurs, les sociétés savantes et finalement les grands magasins, enrichi par les comptes-rendu de voyages et les articles, ce « mouvement » est révélé au public par l’Exposition Universelle de 1867. Pour cette occasion, le gouvernement japonais commande une centaine d’estampes à des artistes contemporains : Kunisada, Sadahide, Yoshitora et Yoshitoshi. D’autre part, Philippe Burty prête quelques-uns de ses albums illustrés japonais qui font une forte impression sur Théodore Duret. Et Chesneau de noter : « L’enthousiasme gagna tous les ateliers avec la rapidité d’une flamme courant sur une Piste de poudre. »

Le grand public se familiarise davantage avec la culture japonaise lors de l’Exposition Universelle de 1878, tandis que les grandes collections des japonisants de la première heure se constituent, celles des hommes de lettres Charles Baudelaire, Philippe Burty, jules Champfleury, Emile Zola et les Goncourt, des voyageurs Enrico Cernuschi, Théodore Duret et Emile Guimet, des industriels comme Charles Haviland, des bijoutiers comme Henri Vever, des graveurs et des peintres Félix Bracquemond, Carolus Durand, Edgar Degas, Fantin-Latour, Charles Gillot, Edouard Manet, Manzi, Henri Tissot et Monet. Burty peut écrire : « Le japon vient de remporter à lexposition Universelle sous les doubles formes de ses arts et de ses industries d’autrefois et d’aujourd’hui une victoire complète et décisive.

Monet, installé à la campagne, suit de près ces manifestations parisiennes comme en témoigne une lettre adressée à Paul Durand-Ruel : , Ce n’est pas mardi l’ouverture de l’exposition japonaise, mais demain lundi. C’est donc demain queje viendrai. »" Il s’agissait là d’une rétrospective organisée par Louis Gonse, en 1883, à la galerie Georges Petit, comprenant trois mille pièces dont des estampes provenant de collections privées parisiennes. En 1890, l’estampe japonaise triomphe à l’exposition de l’Ecole des Beaux-Arts, qui offre un panorama complet de l’Uklyo-e, des origines à 1860.
A ces grandes rétrospectives, dont nous ne mentionnons que les plus importantes, succèdent des manifestations consacrées à des individualités comme par exemple Utamaro et Hiroshige, à la galerie Durand-Ruel, en 1893. Exposition qui fascine les impressionnistes.Monet et Pissaro, ce dernier confiant à son fils Lucien : « Admirable, l’exposition japonaise. Hiroshige est un impressionniste merveilleux. Moi, Monet et Rodin en sommes enthousiasmés (..) ces artistes japonais me confirment dans notre Parti pris visuel“. Monet acquit peut-être à cette occasion des gravures d’Utamaro et d’Hiroshige.