|

TADAMASA HAYASHI.
Blanche Hoschedé, la belle-fille de Monet, rapporte que le marchand japonais Tadamasa
Hayashi rendait souvent visite au peintre de Giverny. Arrivé à Paris à l’occasion de
l’Exposition Universelle de 1878, Hayashi travaille alors pour le compte de la firme
Kiritsu, chargée par le gouvernement Taikoun d’en organiser la section japonaise. Il crée
ensuite avec Oyaji Wakai une affaire qui s’occupe d’importation d’objets d’art et d’estampes du pays du Soleil Levant. Puis en 1890, il s’installe à son compte au 65 rue de la Victoire et figure au Didot-Bottin sous la mention : objets d’art du japon. Expertises et renseignements pour musées et collections.
Hayashi se lie d’amitié avec Monet et les autres collectionneurs et les initie aux mystères de l’artjaponais. Il collabore activement aux livres Outamaro et Hokousai rédigés par Edmond de Goncourt, en lui procurant des traductions de textes japonais et d’innombrables renseignements. Louis Gonse, lui aussi, fait appel à ses connaissances pour son livre intitulé “L’Art japonais“.
Voyageur infatigable, il ne cesse de faire le trajet France-japon et au cours de onze années d’activités parisiennes, il reçoit deux cent dix-huit livraisons en provenance du japon acheminées par bateaux français depuis Yokohama. Il importe ainsi 156487 estampes japonaises, sans compter les inro (boîtes à médicaments), les laques, les gardes de sabres et autres objets.
Mais Hayashi ne se cantonne pas dans son rôle de marchand d’art japonais, il se passionne aussi pour l’art français et en particulier pour les impressionnistes, dont il collectionne les œuvres. Il acquiert entre autres deux peintures de Monet : Côtes Rocheuses. Roches du Lion, Belle-Ile (Wildenstein, 1090) et jeune fille dans le jardin de Giverny (Wildenstein, 1207) en échange d’estampes d’Utamaro, d’Eishi et d’Hokusai portant son cachet et qui figurent toujours dans la collection de Monet.
Cette thèse d’un échange trouve confirmation dans le témoignage de Raymond
Koechlin, à qui Monet a montré de très belles estampes et des poteries obtenues contre certaines toiles. Du reste cette pratique semble assez courante, comme le suggère une lettre de Vincent van Gogh à son frère Théo : « Cela te procurera un Claude Monet et d’autres tableaux, car si toi tu prends le mal pour dénicher les crépons, tu as bien le droit de faire des échanges avec, aux Peintres contre des tableaux ». |