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LES ORCHIDEES REINES DES PELOUSES. Au cours de votre petite incursion dans cette pelouse, vous reconnaîtrez facilement quelques-unes des très nombreuses orchidées présentes à Giverny, aux noms souvent évocateurs. Ces fleurs spectaculaires ont un mode de vie bien particulier. En effet, pour germer, la graine d’orchidée doit obligatoirement s’associer à un champignon microscopique. Celui-ci apporte à l’orchidée l’eau et les sels minéraux en échange, la plante lui fournit les sucres qu’il est incapable de synthétiser. Chaucun des partenaires est gagnant : on appelle ce type de relation symbiose. De plus, vous pouvez remarquer que la forme de certaines fleurs d’orchidées ressemble beaucoup à des insectes. il arrive même parfois qu’un mâle, attiré par les phéromones* de la fleur, la prenne pour une femelle de son espèce et tente de s’accoupler avec ! De nombreux insectes visitent ces fleurs ( fourmis, papillons, abeilles, bourdons...), et, en se nourrissant de nectar ou simplement en se posant dessus, emportent avec eux les pollinies, petits sacs collants contenant le pollen. Les insectes, voyageant de fleur en fleur, vont permettre ainsi la fécondation des orchidées. la plupart de ces plantes supportent assez bien un pâturage modéré par les moutons : si elles sont broutées, leur bulbe souterrain leur permettra de repousser l’année suivante.
LES FONTAINES AUX FEES. Les arbres en cépée* qui vous entourent ont une forme particulière : les troncs de chênes forment à leur base une cuvette, qui se remplit d’eau et peut servir d’abreuvoir et de baignoire pour les oiseaux. Cela forme aussi un mini ecosystème*. On appelle parfois ces cuvettes naturelles des Fontaines ou des Miroirs aux Fées. Un bois mort pleine de vie... Le bois où vous vous trouvez est parsemé d’arbres morts laissés sur place. Le bois mort est un milieu de vie pour de nombreuses espèces : champignons, insectes saproxylophages*, chauve-souris... Des oiseaux comme le Pic-vert ou le Pic épeiche se nourrissent de ces insectes en creusant le bois avec leur long bec robuste et les délogent grâce à leur longue langue. Ce type d’habitat bien particulier est en régression, car la gestion actuelle de nos forêts en tient rarement compte. Par ailleurs, vous avez pu voir des levées de terre en sous-bois qui constituent un autre vestige des cultures passées : les douves. Aujourd’hui gagnées par la végétation, ces terrasses avaient été façonnées par l’homme afin d’adoucir la pente des coteaux, pour la culture de la vigne notamment. cela marque également les limites de surfaces autrefois cultivées.
UNE MOSAIQUE DE COULEURS. Cette partie du coteau est très abrupte et on peut apercevoir de la craie qui affleure par endroits. Sur ces sols très pauvres et secs, car incapables de retenir l’eau, se développe une flore* particulière qui forme les pelouses karstiques. Au cours de l’année, vous verrez une succession de fleurs qui tapissent ce coteau : l’une des premières est l’Anémone pulsatille, puis l’Hélianthème des Apennins, l’élégant Lin à feuilles ténues, l’Ail à tête ronde qui ponctue la pelouse de violet et l’Aster linosyris, qui lui, fleurit jaune et assez tardivement en septembre. Levez les yeux et vous verrez peut-être un rapace planant haut dans le ciel. Ce peut être la Buse variable, le Faucon crécerelle, dont le vol sur place est caractéristique, ou la Bondrée apivore. Cette dernière nous rend visite à la belle saison et passe l’hiver en Afrique tropicale. Elle se nourrit de reptiles, de larves et de nids de guêpes qu’elle écrase à terre. |