|

...En dressant le catalogue des fleurs de Giverny, Jean-Pierre Hoschedé entend corriger les erreurs communes sur le jardin. Les chroniqueurs se trompent, ignorants ou affabulateurs. Monet n’a jamais cultivé d’amarantes ni de pétunias. Il proscrivait les balsamines, les cinéraires, les oeillets d’Inde et les oeillets de poète, la véronique et les myosotis...
...Contrairement à la légende, il ne faisait pas venir ses plantes du bout du monde, ne cultivait pas d’espèces extravagantes, inconnues dans nos pays... S’il y a surprise et si le jardin fait évènement cela ne tient pas à son exotisme. A sa conception plutôt : c’est l’effet qui compte et le procesus, et ils portent tous les deux la signature du peintre...

...Coloration par masses et par complémentaires, dans un espace qui a la double propriété de paraître infini et de barrer la vue. Quant au processus, il tient du feu d’artifice agencé. Quand un parterre s’éteint, se sont les bordures ou les murs qui s’allument avec se mélange de fougue et d’exactitude qui est l’essence même de la peinture de Monet... Mais où s’arrête la force d’un jardin ? Il évolue d’année en année, toujours plus rempli, plus débridé dans sa recherche impulsive et savante de l’intensité... |