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...Le "Jardin d’eau" entouré d’une végétation monochrome mêlant subtilement toutes les nuances de vert. Un saule à gauche, un autre au fond, peu de fleurs en dehors des arceaux défleuris de rosiers. Et sur l’eau verdâtre, les plaques ovales de nymphéas disposés comme les dalles d’un chemin...
Encadrement de saules de Babylone à rameaux dorés, fonds garnis de fougères, de rhododendrons, de kalmia, de houx, bords ombragés de rosiers grimpants (en particulier la Belle Vichyssoise, d’une grande vigueur, qui peut atteindre 7 à 8 m. de hauteur et produit des grappes parfumées de petites roses roses). Sur l’eau, toutes les variétés de nénuphars. Au bord, une foule d’iris. Alentour, des pivoines en arbre dont Monet a reçu des spécimens du Japon au début du siècle et qu’il est parvenu à acclimater à Giverny...

...Au printemps , illusion complétée par une extraordinaire collection de bambous de 7 à 8 m. de hauteurs. Quant au pont japonais qui enjambe un rétrécissement du bassin, il est surmonté d’arceaux couverts de glycine mauve tandis qu’une glycine blanche à longues grappes court au-dessus de l’eau comme une frise délicieuse...
L’année où Truffaut le décrit, le jardin d’eau a plus de 30 ans, et ce que voit le visiteur c’est le résultat d’une longue élaboration d’une simple mare élargie et redessinée à deux reprises avant de parvenir à satisfaire le peintre. "Autant qu’il m’en souvient" répond Monet à Durand-Ruel qui l’interroge sur la date du tableau Bassin des Nymphéas, hiver, il daterait de 1895... |