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En 1891, alors que Monet, entouré de plusieurs toiles (une pour chaque éclairage), peint sa série des meules qui deviendra célèbre, Mac Monnies, le sculpteur, à qui en 1918, le Gouvernement américain commandera le monument aux morts de la guerre, installe ses ateliers. Il achètera la maison en 1902 et, par la suite, y viendra régulièrement jusqu’à sa mort.
De 1890 à 1900, quand les pionniers retournent en Amérique, d’autres prennent leur place, louent des maisons, changent en ateliers les granges désaffectées. Le critique d’art Robert Chambers vient faire des études ; C.C. Rheinhaert, spécialiste de l’histoire de l’art, y loue une villa ; Murray Cabb, Louise Robins Richard, S. W. Nicolle, W. Dewb Urst, Olivier Herford ainsi que Clinton Peters y passent plusieurs mois et peignent toiles sur toiles. C’est un va-et-vient continu d’Américains qui commencent à se fixer à Giverny. En 1892, Butler épouse Suzanne Hoschédé, sa danseuse préférée, et achète une ravissante maison.
Ernest Peixoto, jeune artiste, vient plusieurs étés de suite, il dirigea plus tard et jusqu’en 1940, l’Ecole des Beaux-Arts de Fontainebleau.
De 1900 à 1910, c’est un défilé incessant où les littérateurs se joignent aux peintres. Greacen qui travaille alors à la manière des impressionnistes, y passe plusieurs années de suite. D’autres viennent aux week-ends, mais pour ne citer que ceux qui s’y fixèrent
définitivement, ce sont : Young en 1900 qui achète un moulin et le transforme en ravissant cottage américain ; Finn, qui déjà malade, commence une décoration que Butler terminera après sa mort ; Rose ; Johnston qui, en 1904 arrive en barque avec sa femme et achète une maison.
Miss Wheeler fonde une école de peinture au « Hameau » où des jeunes filles américaines viennent travailler en plein air et faire des études d’après modèles vivants. Modèles qui se trouvent facilement, car depuis quelques années, chaque été elles arrivent de Paris, pour poser dans les jardins et les ateliers ; d’autres se louent au week-end et, le soir, chez Mme Baudy ou dans les maisons particulières, elles dansent avec les peintres. Millet a mis en honneur les travaux des champs et les habitants de Giverny sont croqués, portraiturés à longueur de journée. Des filles du pays posent aussi, des idylles se nouent : Louise, la chercheuse de pissenlits, ravissante fille devenue modèle, épouse Radinsky qui l’emmène en Tchécoslovaquie. Combien il est émouvant, après tant d’années, de retrouver, dans les collections privées ou au hasard des recherches dans les greniers, les portraits de tous ces Givernois d’alors. Toute l’histoire d’un village défile sous vos yeux. |