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Mesdames Messieurs,
Jeudi 8 juin 1944
00 h 15 : les moteurs des 18 Lancasters vrombissent. La mission de cette nuit doit les conduire sur Chevreuse (Yvelines). Le vent est d’Ouest (5 miles par heure). La température atteint les 0° à 8 000 pieds. La visibilité est de 10 miles.
00 h 20 : les premiers bombardiers s’élancent sur la piste de décollage, emmenant dans leurs soutes, chacun, 18 bombes de 500 livres.
00 h 40 : la formation s’assemble et met le cap plein Sud, sous les ordres du Wing Commander R.H. Annan.
01 h 00 : les falaises du Pays de Caux sont en vue.
C’est alors que la chasse de nuit allemande entre en action. Elle est particulièrement meurtrière cette nuit là.
La Luftwaffe qui ne peut affronter les forces aériennes alliées en plein jour sans subir de lourdes pertes, conserve tout son mordant lors des interceptions nocturnes.
Les forteresses sont bientôt assaillies. Plusieurs d’entre elles sont touchées sur le trajet de l’aller. Parmi elles, le Lancaster MKI « H.LL.864 » prend plusieurs obus. Il doit bientôt quitter la formation, moteur en feu. Le Captain (Pilot Officer) R.P. Maude tente de se dérober pour rentrer sur l’Angleterre.
Les chasseurs allemands en décident autrement et s’acharnent alors que le Lancaster survole le Vexin suivi d’une langue de feu.
Il n’y a plus rien à faire ; l’avion est trop bas pour que l’équipage espère sauter en parachute. Frôlant la cime des arbres du Bois de la Réserve, l’appareil passe au-dessus de Giverny et vient s’écraser dans la plaine des Ajoux, quelques dizaines de mètres avant la Seine. L’avion se brise en de multiples morceaux. Les sept membres d’équipages trouvent la mort en terre française.
Le gros de la formation parvient sur l’objectif et largue son chargement.
04 h 03 : 12 appareils, sur 18, se posent à Witchord. Un tiers du groupe s’est abîmé en France ou dans la Manche. |