Stèle des Aviateurs Britanniques |
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INAUGURATION de la STELE en hommage aux AVIATEURS BRITANNIQUES
et
REMISE DE MEDAILLES AUX DÉMINEURS
Discours d’inauguration de Mr. Guy Colombel, Maire de Giverny.
Et nos invités, que nous sommes très honorés de recevoir
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Jeudi 8 juin 1944
Deux jours à peine après l’annonce du Débarquement allié en Normandie, Giverny rencontre le terrible visage de la guerre sur son sol. Parmi les tombes, en surplomb du monument aux Morts, l’une se distingue par son dépouillement et sa simplicité.
L’équipage était le suivant :
Tous les sept sont réunis dans la même tombe.
Comme il doit être difficile d’avoir du courage lorsqu’on risque à la fleur de l’âge de mourir pour une terre que l’on ne connaît pas, qui n’est pas son sol natal, de mourir pour un pays qui ne parle pas la même langue, pour des gens qui ne sont pas des compatriotes. Givernois d’aujourd’hui, soyez en admiration devant la détermination, devant le sacrifice de ces hommes. Ils se sont battus pour nos libertés, ils se sont battus pour nous.
Ce fut une grande aventure, nous espérons que le sacrifice de ces hommes pour la reconquête de la liberté ne sera pas vain et que la jeunesse d’aujourd’hui et de demain prendra exemple sur leur qualité de cœur et de courage. Ayons une pensée émue à leur mémoire et une pensée reconnaissante à ces libérateurs, Britanniques, Canadiens et Américains, à tous ceux qui sont morts et notamment à ces 7 aviateurs britanniques abattus le 8 juin 1944 pour que nous vivions libres aujourd’hui. Cette stèle que nous inaugurons est le symbole du sacrifice des aviateurs alliés tombés sur le champ de bataille du monde entier, loin de chez eux, loin de leur patrie. Je remercie très sincèrement toutes les personnes qui nous ont aidés à mener à bien ce projet. Cette stèle, simple et discrète, ne se veut pas une décoration, elle n’est qu’un hommage, mais sa beauté existe : celle du cœur, de la reconnaissance et du respect. Je vous remercie de toute votre attention. 20 janvier 2007 1940-GIVERNY-Claude MONET. (Rapports France/Etas-Unis). En 1940, au moment de la ruée allemande, le pays est naturellement vide d’Américains. Les habitants eux-mêmes ont fui à l’approche de l’ennemi. Mais si Vernon, à cinq kilomètres, tête de pont sur la Seine, a bien souffert des bombes incendiaires, les maisons de Giverny n’ont pas été touchées. Puis c’est l’occupation, le bruit des bottes et des camions qui passent jour et nuit. Aussitôt démobilisé, j’allai voir mon village. Très inquiet, sachant Mme Jean Monet en
Auvergne, je courus chez elle pour y constater les dégâts. Dans la grande salle aux
japonaiseries, signe du passage récent des occupants, les matelas étaient encore par terre, la
table mise. Le vieux jardinier du Maître vint à moi. « Ah, c’est vous, monsieur Pierre ?
Heureusement, Giverny, trop près de Vernon, ne fut point une halte et les Allemands y
séjournèrent rarement. Les Givernois sont tous de la Résistance et à la mairie, le tableau de Louis Rittman, représentant l’amitié franco-américaine, est toujours à sa place. Il n’est pas de jour où l’on ne vienne demander à mon frère (marié à la fille de Butler) des nouvelles de Jim Butler, parti pour les Etats-Unis en 1940. Un matin, un gars du pays accourt :
Puis, c’est à nouveau l’attente. Cependant les attaques par avions sont de plus en plus nombreuses, les tirs antiaériens plus violents. Une forteresse volante, énorme météore de feu vrombissant s’écrase dans la commune, et... c’est le débarquement, les dernières bouteilles que l’on vide et, de nouveau, l’anxiété et l’incertitude de la guerre. Giverny suit avec émotion l’avance des Américains. Le bruit du canon se fait entendre de plus en plus rapproché. Le pont de Vernon, bombardé par les « Marauders », croule dans l’eau et la nouvelle arrive que les G. I’s sont de l’autre côté de la Seine. On n’ose y croire et pourtant, des jeunes gens qui ont réussi à passer en barque reviennent avec des cigarettes au goût de miel. Pendant quelques jours d’attente anxieuse où le canon tonne, les Givernois aménagent les caves. Enfin, c’est presque un soulagement, tant les nerfs sont à vif, quand les premiers obus sifflent sur le village ; la poussière des bombardements traîne sur la campagne ; les Alliés qui ont constitué une tête de pont sur la Seine à Vernon, avancent, mais quelques Allemands s’accrochent à Manitot, le hameau cher à Carpentier. Pendant trois jours, la vallée résonne des éclatements, et puis c’est le silence ; le grand vide des « no man’s land ». Enfin, arrivent les Anglais, la figure tirée, mitraillette au poing, qui fouillent le terrain. C’est fini, le « Wiltshire Regiment » a délivré Giverny. Depuis le débarquement en Normandie, ces Anglais n’ont pas eu de repos ; aussi, alors que les blindés foncent en direction du Nord, l’une des compagnies qui a délivré le pays y reste-t-elle pendant dix jours, fêtée par les habitants qui relèvent leurs ruines. La plupart des maisons sont atteintes, bien des ateliers démolis. Les grandes verrières de l’atelier que Claude Monet avait fait construire pour peindre les Nymphéas de l’Orangerie n’ont pas résisté et les éclats de verre jonchent le sol. La chambre du Maître n’a pas été épargnée : un éclat a traversé une toile magnifique de Berthe Morizot, des douzaines d’études ont été transpercées par des éclats de verre, Giverny ne compte heureusement que trois morts, c’est trop pour le village en deuil, mais c’est peu en comparaison des obus tirés. Puis les hommes du « Wiltshire Régiment » partent pour d’autres combats. C’est alors qu’arrive en « jeep » le premier « Américain du pays », en tenue d’officier aviateur. Avec un humour tout anglo-saxon, il raconte comment, faisant partie de l’escadrille bombardant le pont de Vernon, il n’a jamais eu si peur de sa vie ! Alors que très étonnés, nous lui faisons remarquer qu’il n’y avait guère de tirs antiaériens ni de chasse et qu’il a dû connaître des bombardements plus dangereux : « Ce n’était pas de la chasse que j’avais peur », nous répond-il en souriant, « mais de Chloé, ma femme. Si j’avais mal réglé mon bombardement et démoli Giverny, j’en aurais entendu de belles en rentrant... Jamais je n’ai couru si vite et attendu plus anxieusement le développement des photographies prises au cours du bombardement. Je n’ai vraiment respiré qu’en voyant les clichés. » Extraits de : Rapports France - Etas-Unis |
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