FONDATION CLAUDE MONET |
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C’est à Giverny qu’il faut avoir vu Claude Monet pour le connaître, pour savoir son caractère, son goût d’existence, sa nature intime...
Après ses études à l’institut d’études politiques de Paris et à la Sorbonne en lettres allemandes, il commence sa carrière dans les cabinets d’Edgar Faure au ministère de l’Agriculture puis au ministère de l’Education Nationale ; dans ce dernier poste, il est chargé des enseignements artistiques. Il crée alors la filière musicale du baccalauréat et le département artistique de l’université de Vincennes. Il fait ensuite partie du cabinet d’Edmond Michelet, ministre d’Etat chargé des Affaires Culturelles. Secrétaire général de la Réunion des théâtres lyriques nationaux à partir de 1969, il est l’adjoint de Rolf Liebermann au théâtre national de l’Opéra de 1973 à 1980. Il est ensuite directeur du Grand Théâtre de Genève de 1980 à 1995, et enfin directeur de l’Opéra National de Paris de 1995 à 2004. Il est, depuis 2004, Conseiller d’Etat en service extraordinaire ; il est vice-président de la Fondation Noureev, de la chambre professionnelle des directeurs d’opéras (CPDO), membre du conseil de la Fondation d’entreprise de Veolia Environnement, depuis septembre 2004, Président du conseil d’administration de l’Institut pour le financement du cinéma et des industries culturelles (IFCIC). Monsieur Hugues GALL est aussi Commandeur de la Légion d’Honneur entre autres distinctions et Membre de l’Académie des Beaux Arts, élu le 18 décembre 2002 au fauteuil de Daniel Wildenstein (section des membres libres).
FLORAISON du jardin de Claude Monet
Paris
A pied, il arrive ainsi à Giverny. Dès l’abord, le petit village l’enchante ; les courbes y sont plus douces qu’à Vétheuil, l’Epte, aux eaux sombres, serpente entre de grands herbages bordés de peupliers bruissants, les blés ondulent mollement. Au loin, la Seine a creusé son lit au pied de la colline qui, violette contre le jour, barre l’horizon. Le peintre est ravi. Il cherche une maison à louer, en trouve une toute simple, vraie habitation de paysan aux solides murailles de pierre. Dans le clos qui descend en pente douce jusqu’à la route, déjà il rêve à la féerie de couleurs qu’il pourrait y créer en le plantant de fleurs. Un petit ruisseau gargouille. Le 1er mai, triste jour où il apprend la mort de son ami Manet, il emménage ; voici lepremier peintre installé à Giverny. D’autres y viendront par la suite, mais aucun n’atteindra sa gloire. L’installation terminée, il se met au travail et chaque jour, de l’aube au couchant, il peint. En 1885, son ami de Conchy vient le voir, accompagné du peintre américain Robinson. Celui-ci, de l’école de Millet, très impressionné par la peinture de Monet et enthousiasmé par le site, promet de revenir. Ce sera en effet un fidèle habitué de Giverny dans les années qui suivront. Le Metropolitan Museum de New-York possède le portrait d’une vieille habitante de Giverny, Mme Cardonnet, ainsi qu’une vue de la colline peinte par lui à cette époque.
En 1892, devant les réticences locales et administratives pour l’obtention des autorisations nécessaires à l’aménagement de ses terrains, Monet pris d’une forte colère, s’exclame :
« …Donc ne plus m’en parler, je veux peindre. Merde pour les naturels de Giverny, les ingénieurs »
Il adresse une requête au préfet de l’Eure et obtient les autorisations : sans quoi, il n’y aurait pas eu de nymphéas !
En 1892, il épouse Alice à la mairie de Giverny. Le 20 juillet 1892, il mène le cortège qui se dirige vers l’église de Giverny pour le mariage de sa belle-fille Suzanne avec le peintre Butler. (tableau de T. Robinson)
A la suite des élections municipales de 1896, le nouveau maire est tout acquis à la cause de Claude Monet, devenu notable, plus riche, et dont on se dispute les faveurs. Il valorise tous les gestes de Monet envers la commune.
Les Givernois commencent à considérer l’artiste comme la gloire du village.
Monet est promu au rang de bienfaiteur officiel de sa cité et commence à s’impliquer dans la vie du village.
Vers 1907, avec son physique de patriarche, il s’exclame : « hormis la peinture et le jardinage, je ne suis bon à rien ».
Devant l’excitation des visiteurs à Giverny et le microcosme venu s’y installer, Il entretient sa réputation de « sauvage »
« j’habite la campagne pour être tranquille…faites comme moi : travaillez, cherchez ».
Le 22 mai 1911 ont lieu les obsèques d’Alice dans l’église de Giverny ; en 1914, son fils Jean est enterré au village.
Monet vit alors dans une solitude quasi-totale qu’il consacre à son travail. Le 5 décembre 1926, à 86 ans, il s’éteint.
« Enterrez-moi comme si j’étais un brave homme du pays. Et soyez seuls, vous, mes parents à marcher derrière ma dépouille. »
Le Village de Giverny et le Peintre Claude Monet. Le calme et la sérénité qui règnent à Giverny se retrouvent dans nombre de villages normands. Cependant, en 1883, parcourant la Normandie, sa terre d’élection, à la recherche d’un lieu où s’installer, Claude Monet remarque, lors d’un voyage en chemin de fer, la lumière exceptionnelle qui baigne ce village. Il découvre avec ravissement Giverny. Adossé aux collines de la rive droite de la Seine. Giverny est longé par le Ru, bras de l’Epte qui va se jeter dans la Seine. Le paysage est composée de vallées, de pariries fleuries d’iris sauvages. Toutes les promesses d’avenir sont là ! Comme les impressionistes, il rêve d’un site loin la révolution industrielle ; la peinture sur le motif et en plein air sont au cœur de sa démarche ; il est ébloui par la nature, aime l’eau, le reflet, l’inachevé. Rêvant d’un endroit fixe, inspiré par le lieu, sûr de pouvoir y exprimer son art, Claude Monet décide de s’y fixer en 1883. “ Je suis dans le ravissement, Giverny est un pays splendide pour moi “ ( C. Monet) Paul Durand-Ruel lira bientôt la fameuse adresse : “ à Giverny, par Vernon, Eure“ De retour à Paris les peintres américains s’écrieront “ Claude Monet habite à Giverny, un village superbe…“. “ Je serai obligé de vous demandé pas mal d’argent, étant à la veille d’acheter la maison que j’habite ou de quitter Giverny ce qui m’ennuierait beaucoup, certain de ne jamais retrouver une pareille installation ni un si beau pays.“ ecrit Claude Monet à Durand-Ruel en 1890. Ayany acquis la maison, aidé de jardiniers et de son ami Truffaut, Claude Monet dessine son jardin, plante des arbres ornementaux, crée des déries de parterres de fleurs variées où il puisera désormais la plupart de ses motifs, transforme un verger normand herbager, planté de pommiers, en un jardin historique. En 1893, il commence l’aménagement de son célèbre “Jardin d’Eau“. S’étant rendu propriétaire d’un terrain séparé de sa propriété par le Chemin du Roy, il détourne un bras du Ru, creuse unétang qui recevra les fameux “Nymphéas“ et où il construira le célèbre “ Pont Japonais “. Entre 1914 et 1915, il construit un très vaste atelier, pour abriter ses Nymphéas. Dès lors, son travail va se tourner vers la création de ce qu’il nomme les “Décorations des Nymphéas“. Il meurt le 6 décembre 1926 et repose dans le caveau familial à l’entrée du cimetière de Giverny. “Non ! non ! pas de noir sur Claude Monet. Le noir n’est pas une couleur.“ s’écria Clémenceau lors des obsèques. La vie de Claude Monet et le village de Giverny auront été étroitement liés pendant 43 ans. “Mon cœur est à Giverny, toujours et toujours…“ Claude Monet. Décès de Madame Florence Van der Kemp. Gérald Van der Kemp (1912-2001),membre de l’Institut, a été le conservateur en chef du domaine de Versailles et de Trianon. Outre Versailles, cet homme d’exception a permis dès 1976, la renaissance de la maison de Claude Monet de Giverny (Eure), sortant le jardin de son état de délaissement avec la complicité de sa femme Florence, présidente de la « Versailles Foundation ». C’est dans ces lieux qu’il finira sa vie, entièrement consacrée au service des arts et à deux des jardins les plus connus de France. En complément de cette biographie, une iconographie illustre la résurrection de Giverny et notamment du jardin de la Fondation Claude Monet,mais aussi la vie de Gérald Van der Kemp remplie de rencontres avec d’illustres personnages. |