Giverny | Musée des impressionnismes | Les expositions

Publié dans Musée des impressionnismes Giverny

Giverny | Musée des impressionnismes | Les expositions
M.D.I.G.
99 rue Claude Monet
27620 Giverny
Tél : 00 33 (0)2 32 51 94 65
Fax : 00 33 (0)2 32 51 94 67
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Site Internet

SAISON 2015

Tarifs et accès : ICI

Degas, un peintre impressionniste ?
27 mars – 19 juillet 2015

 

DEGAS-site-2015Edger Degas
Ballet dit aussi l’Étoile (détail)
Vers 1876. Paris musée d’Orsay.
© Paris musée d’Orsay / Photo : P Schmidt

 

Edgar Degas fut l’une des principales figures du mouvement impressionniste et cependant, il entretient une relation complexe avec les autres artistes du groupe, ainsi qu’avec la peinture de plein air, pourtant caractéristique de l’impressionnisme. Il se distingua en se concentrant sur des motifs plus personnels, comme le corps en mouvement des danseuses, et en apportant une attention particulière aux éclairages artificiels.
L’exposition réunit 70 œuvres (peintures, pastels, dessins et sculptures) et s’articule autour de quatre grands axes : la formation classique de l’artiste, les expositions impressionnistes, la question du paysage, et ses relations avec les impressionnistes après 1890.
Degas impressionnistes certes, mais surtout avant-gardiste.

 

 

AADEGAS : LA PEINTURE ENTRE L’INSTANT ET LE MOUVEMENT

Comme Manet dont il partage le caractère de l’extraction sociale, Degas accomplit sa formation et forge son expérience artistique dans la solitude. Il rencontre Ingres à l’école des beaux-arts, avec lequel il apprend à tracer “des lignes d’après nature et de mémoire“.
Vers 1860, il visite sa famille à Naples et à Florence, et rencontre toute une bande d’hétéroclite de jeunes collègues de la Villa Médicis de Rome. C’est de cette période que date La Famille Belleli, une toile nettement inspirée de ses illustres prédécesseurs de la Renaissance – que Degas a longuement étudié et copié – et d’Ingres. Plus que d’un portrait, on peut parler d’une scène d’intérieur où les protagonistes sont unis entre eux par leurs attitudes et leurs regards, étudiés avec attention. Après ce séjour, il rencontre les peintres impressionnistes par l’entremise de Manet et du critique Duranty, au début des années 1860, et fréquente le Café Guerbois. participant activement aux expositions tout en se maintenant en marge du mouvement. Réaliste, par vocation, doté d’un esprit perçant, Degas se tourne, vers les mœurs, les coutumes sociales, faisant preuve d’une glande sensibilité quand il fixe sur la toile des moments de la vie contemporaine, faisant montre d’une remarquable aptitude à rendre compte de la psychologie des personnages. Il se caractérise par la hardiesse de ses cadrages et ses compositions en plongée et contre-plongée qui donnent de singulières déformations de perspectives, et un espace inspiré en partie par les estampes japonaises et la photographie. L’invention originale que sont ses rythmes linéaires exprime une immédiateté et une vérité hors de toute convention : des champs de courses aux cafés-concerts bondés, des danseuses aux modistes… Degas privilégie avant tout les danseuses, représentées alors qu’elles se déshabillent ou pendant leur échauffement, avec la volonté de figer un instant fugitif comme le ferait un photographe. Le côté inachevé du cadrage de ses tableaux transmet à l’observateur le dynamisme de la vie qui passe et qui ne se laisse pas enfermer dans les limites de la toile.

 

BBDans Chevaux de course devant les tribunes, le cavalier au centre pénètre avec énergie dans la scène avec son cheval, qu’il a du mal a maîtriser, et constitue une diagonale (partant du coin droit, en bas) par le jeu de l’enchevêtrement des pattes des chevaux, il rejoint le centre du tableau, au point de fuite, vers lequel converge également la barrière qui sépare le public du champ de courses. L’intérêt que Degas porte à la représentation de la vie contemporaine et au rendu du mouvement et de ses variations infinies se concentre, de 1870 à 1880, sur les scènes de la danse, qui sont souvent exécutées à l’huile ou au pastel. La première toile, La Classe de danse, représente des danseuses autour d’un vieux maître de ballet, Jules Perrot. Comme une photographie, le tableau saisit l’image d’un instant fugace. Le cadrage, caractérisé par une coupe diagonale que soulignent les lames du parquet en bois, est influencé par la photographie floue des débuts, que Degas reproduit par des touches légères : cela donne des résultats magistraux dans le rendu des tutus vaporeux. Il représente la nudité féminine, son autre thème de prédilection, sans aucune idéalisation ou sensualité, il fixe les gestes intimes et quotidiens comme la toilette. Son œil est un objectif indiscret qui s’immisce dans l’intimité de l’espace privé. Degas s’intéresse principalement à l’acte en train de s’accomplir et au rendu des valeurs chromatiques: aussi obtient-il, avec le pastel, des surfaces très fondues et floues qui lui permettent de définir les formes.

DDDDEGAS : LE PASTEL ET LA SCULPTURE
Degas ne se lassa pas d’expérimenter les différents moyens artistiques, il se consacra indifféremment à la peinture à l’huile, au pastel, à la sculpture et à la gravure. Sa dernière production représente même une série de monotypes de vallées et de prés, qui s’inspirent de paysages observés lors d’un voyage en Bourgogne. Les nus féminins à leur toilette et les danseuses prédominent dans ses sculptures, comme la célèbre Petite Danseuse de 14 ans, qui suscita un certain trouble. Le modèle en cire, présenté à l’exposition des impressionnistes de 1881, frappa ses contemporains par la recherche volontaire de la laideur. Elle ne sera fondue en bronze que plus tard… En effet, dans ses modèles féminins, repasseuses ou danseuses, Degas ne recherche pas un idéal de grâce ou de beauté, mais la complexité des expressions humaines et la variété des mimiques du visage, en droite ligne avec les études d’anthropologie menées au cours de cette période et l’intérêt que d’aucuns, artistes compris, portent à l’Art primitif. Les critiques et commentateurs contemporains avaient déjà noté comment les physionomies et les traits des visages des nombreuses danseuses figurées par Degas étaient altérés et déformés, au point de les qualifier parfois de bestiaux ou de simiesques. La Petite Danseuse de 14 ans est ainsi traitée de guenon et comparée à une sculpture aztèque, qui aurait sa place dans un musée zoologique plutôt que dans un musée d’art. Degas est en effet influencé, comme nombre de ses contemporains, par les théories en vogue qui comparent la physionomie humaine à la physionomie animale, et par les extraordinaires expositions ethnographiques de cette époque. En droite ligne avec cette recherche esthétique, Degas introduit, dans la sculpture, de surprenantes innovations techniques: au blanc marmoréen, qui aurait rappelé les Vénus classiques, il préfère l’association de matériaux composites (la cire pour le visage. le satin du ruban et le tulle du tutu), ouvrant ainsi la voie aux mélanges de matières expérimentés par l’avant-garde. Un des moyens privilégiés par Degas est le pastel, qu’il utilise, avec des variations permanentes, comme outil d’une recherche formelle constante, adapté pour exprimer une vision lyrique et presque fantastique, faite d’irisations et de pulsations de la couleur qui allègent les formes jusqu’à les faire vibrer « Ses pastels deviennent des feux d’artifice aux mille couleurs, où se dissout chaque détail de la forme en faveur d’une matière étincelante », écrit le critique John Rewald, en 1946, dans son Histoire de l’impressionnisme. Conséquence, peut-être, de la perte progressive de la vue, à partir du milieu des années 1880, sa réflexion sur la lumière et sa sensibilité chromatique s’affinent énormément, et la couleur tend à prévaloir sur les contours et les profils, jusqu’à dissoudre les formes. Des années 1890 jusqu’à sa mort, Degas reprend et retravaille les mêmes thèmes, qui deviennent alors de simples prétextes à de nouvelles recherches et à des approfondissements sur la lumière, par l’intermédiaire d’une technique toujours plus libre, dans la forme et la couleur.

CCCANALYSE DE L’ŒUVRE : L’ABSYNTHE (Edgar DEGAS, 1876, musée d’Orsay, Paris)

SUJET
Quand Degas décide de donner une portée artistique a une scène en référence à l’alcoolisme, dans le Paris de la seconde moitié du XIXe siècle, il recrée avec talent une situation analogue à celles décrites dans les œuvres littéraires de ses contemporains: Zola, Flaubert ou les frères Goncourt. L’artiste choisit la Nouvelle-Athènes, un café de la place Pigalle, où les impressionnistes se retrouvent le soir.

Là, assis devant la table en marbre, il peint deux amis dans le scenario pénible et désolant de l’incommunicabilité l’actrice Ellen Andrée, qui incarne la pauvre enfant qui noie son chagrin dans l’alcool, et, à ses cotes, l’artiste graveur Marcellin Desboutin, un homme inculte, aux yeux injectés de sang (séquelles de l’alcoolisme et de l’accoutumance à la drogue), deux témoins manifestes de la vie de bohème de l’époque.

COMPOSITION
La scène se déroule dans un bistrot parisien, meublé de banquettes en bois, de miroirs aux murs et de tables de bistrot de style Liberty.

Les deux clients sont au premier plan. L’homme fume la pipe, les coudes posés sur la table. Il a l’air pensif et attentif à ce qui se passe dans le bar.

Le regard de son amie, en revanche, est perdu dans le vide.

Le trait, sommaire, sans gradation de couleurs, contribue à exprimer leur souffrance inexpressive.

Les lignes en biais des tables de marbre blanc, anticipant les cadrages théâtraux des célèbres rideaux de scène de Degas, invitent l’observateur à l’intérieur du tableau, comme s’il était assis en face de deux interlocuteurs « absents ».

© Collection Le Figaro


 

Photographier les jardins de Claude Monet. Cinq regards contemporains.
31 juillet – 1er novembre 2015

MDIG-2015-Giverny-MonetElger Esser, Stephen Shore, Bernard Plossu,
Darren Almond, Henri Foucault
Avec cette exposition le musée des impressionnismes Giverny souhaite interroger notre vision du célèbre jardin de Claude Monet à Giverny, sous le regard de cinq photographes de renommée internationale. Loin des clichés stéréotypés, les oeuvres de Stephen Shore, Darren Almond, Bernard Plossu, Elger Esser et Henri Foucault invitent à une lecture contemporaine, plurielle, et résolument nouvelle, de ce haut lieu du tourisme qui fut pour le maître de l’impressionnisme le motif essentiel de sa peinture durant les vingt-cinq dernières années de sa vie. Claude Monet s’installa à Giverny en 1883. Il avait 43 ans. Sept ans plus tard, il acheta la maison et le jardin qu’il aménagea à son goût, et, quelques années plus tard, fit creuser un bassin aux nymphéas de l’autre côté de la route. « Il n’est pas besoin de savoir comment il fi t son jardin. Il est bien certain qu’il le fi t tel que son oeil le commanda
successivement, aux invitations de chaque journée, pour la satisfaction de ses appétits de couleurs » , écrivit son ami et biographe Georges Clemenceau.
De 1977 à 1982, l’Américain Stephen Shore, commandité par le Metropolitan Museum of Art de New York, photographia la résurrection du jardin de Monet. Ses tirages sont exposés pour la première fois en France. De 2010 à 2015, carte blanche a été donnée à Darren Almond, Henri Foucault, Elger Esser et Bernard Plossu qui se sont approprié le jardin du peintre. Ils ont arpenté, contemplé, étudié, de jour comme de nuit, en hiver, au printemps, en été ou en automne, la magie du lieu, ses beautés éphémères, sans cesse réinventées. Source d’inspiration, le jardin a représenté un espace d’expérimentation. Cette exposition off re au public des images qui interrogent la notion de paysage et de nature, leurs liens avec l’histoire de l’art et les tout débuts du médium photographique. Qu’elles soient subjectives, fi ctionnelles ou documentaires, elles se confrontent à l’expérience du temps, de la durée, de la mémoire. Des correspondances se créent entre le passé et le présent, évoquant l’idée d’un paradis perdu.

Commissariat :

Jeanne Fouchet-Nahas, commissaire d’expositions de photographies, assistée de Vanessa Lecomte, attachée de conservation au musée des impressionnismes Giverny

Henri Foucault
Vibrations – Giverny, 7 novembre 2012

Photogramme, 49,5 °— 38,5 cm
Collection de l’artiste
© Henri Foucault © Paris, ADAGP, 2015

Parcours de l’exposition
Présentée en cinq espaces distincts par artiste, l’exposition réunit quatre-vingt-dix oeuvres, de petits, moyens et très grands formats.

ELGER ESSER, LA NUIT POUR MÉMOIRE
En 2010, sur une proposition de Didier Mouchel,directeur du Pôle Image Haute-Normandie à Rouen,Elger Esser s’est rendu à Giverny et a réalisé plusieurs série intitulées Nocturnes à Giverny. Paysagiste inspiré par la peintureet la littérature du XIXe siècle et du début du XXe siècle,cet ancien élève de Bernd Becher a choisi la lenteur des nuitsde pleine lune et le crépuscule pour photographier« l’absence de Monet ». De mars à juillet 2010, il a installéses deux chambres photographiques dans le jardin d’eau et,par de longs temps de pose, a enregistré le passage de la lumière.Nocturnes à Giverny évoque par son titre à la fois le silencede la nuit et la musique romantique. La série Combray(Giverny I-V), nom donné au village d’Illiers par le narrateur d’À la recherche du temps perdu, convoque l’imaginaire. L’héliogravure, procédé contemporain de Monet, permet d’obtenir des tirages d’une très grande fi nesse dans les variations de gris. Imprimées aux couleurs de la nuit, ces images sont une métaphore de la mémoire et de l’absence.

STEPHEN SHORE, DOCUMENTER LE JARDIN DE MONE
Stephen Shore a séjourné à trois reprises à Giverny.La première fois en 1977, au tout début de la restaurationdu domaine, puis à l’automne 1981 et au printemps 1982.Grand coloriste, célèbre pour ses photographies de scènesde la vie ordinaire en rupture avec l’esthétique de la belle imageprônée jusque dans les années 1970, il a dû faire face« à la beauté intrinsèque du lieu et à un jardin de peintreque Monet a structuré dans l’intérêt de sa peinture». Avec une chambre 8×10 pouces, le photographe américain a enregistré avec une extrême précision et dans un style purement documentaire les diff érentes facettes du jardin dans sa renaissance. Par des plans rapprochés et des points de vue inédits, il livre des images dont la neutralité apparente permet d’imaginer ce jardin dans les années 1880, avant qu’il ne devienne le modèle privilégié du peintre.

Darren Almond
Fullmoon Impression, 2011

C-Print, 121 x 121 cm
Darren Almond, par l’intermédiaire de la galerie Max Hetzler, Berlin /
Matthew Marks Gallery, New York / Jay Jopling, White Cube, Londres
© Darren Almond, par l’intermédiaire de la galerie Max Hetzler, Berlin /
Matthew Marks Gallery, New York / Jay Jopling, White Cube, Londres

BERNARD PLOSSU, UN JARDIN INTIME
« C’est l’hiver. Personne. Pas une fl eur. Exactement ce dontje rêvais : découvrir l’ossature du jardin et pas son éclat ! »Photographe de l’entre-deux, des paysages intermédiaires,Bernard Plossu a réalisé sa première série photographiquede la maison et des jardins de Monet au cours de l’hiver 2010,à l’initiative du Frac Haute-Normandie. Il y est revenuau printemps 2011, invité par le musée des impressionnismesGiverny qui a exposé ses photographies l’année suivante.Guidé par son regard et sa sensibilité, Plossu opère dansl’instantané : une fl eur solitaire, une couleur, une feuille morte, une allée dérobée, un refl et. Revisitant l’esthétique pictorialiste du début du XXe siècle, le photographe restitue dans ses tirages au charbon Fresson, la présence/absence du peintre dans son jardin qu’il aimait tant, traduisant sur la toile la lumière et les ondulations, en touches infi nies, du bassin aux nymphéas, son chef-d’oeuvre.

DARREN ALMOND, COLORÉES PAR LA NUIT
En 2011 et 2012, l’Anglais Darren Almond a photographiéle jardin de Claude Monet les nuits de pleine lune(Fullmoon Impression) et à l’aube (Civil Dawn), ce momentmagique qui précède l’apparition de l’astre solaire à l’horizon.Douées d’une puissante aura poétique, ses imagessont fondées sur une expérience du temps et de la mémoire.Voyageur, explorateur, paysagiste, photographe et vidéaste,Darren Almond poursuit ses pèlerinages en terres d’artistes (de Joseph Mallord William Turner à John Constable, de Caspar David Friedrich à Paul Cézanne) qui l’ont amené, au détour d’une exposition monographique en Normandie, chez Claude Monet. Là, avec lenteur, et pour donner « plus de temps au paysage de s’exprimer », il a capté les couleurs étranges et délicates des fl eurs suspendues à la lumière de l’aube.

Un extrait du documentaire « L’Atelier Fresson »
de Thomas Goupille (Cinq26) sera projeté
dans les salles d’exposition.

HENRI FOUCAULT, INTERPRÉTER LA LUMIÈRE
Invité en 2011 par le musée des impressionnismes Giverny, le photographe, vidéaste et sculpteur Henri Foucault s’est livré,à partir d’un long travail documentaire, à une interprétation et une évocation du jardin d’eau de Monet. Henri Foucault a recueilli, auprès des jardiniers de la propriété, des plantes et des feuilles, dont il a réalisé une série de photogrammes qu’il a intitulée Vibrations. Ces empreintes de l’ombre et de la lumière, dont le procédé remonte aux premiers temps de la photographie, relèvent, selon l’auteur, de l’ordre de la révélation. Puis, sur de grandes feuilles de papier photographique, il a imaginé des formes, inspirées de ses dessins et photogrammes, qu’il a recouvertes de milliers de cristaux Swarovski. Intitulée Green Light, l’œuvre formée de seize panneaux lumineux n’est ni une sculpture ni une photographie, à l’instar de Deep Blue, dont les scintillements ondulatoires traduisent les sensations d’un autre temps, celui de la perception.

Darren Almond
Civil Dawn@Giverny Winter 2, 2012

C-Print, 155 °— 121 cm
Darren Almond, par l’intermédiaire de la galerie Max Hetzler, Berlin /
Matthew Marks Gallery, New York / Jay Jopling, White Cube, Londres
© Darren Almond, par l’intermédiaire de la galerie Max Hetzler, Berlin /
Matthew Marks Gallery, New York / Jay Jopling, White Cube, Londres

Elger Esser, Stephen Shore, Bernard Plossu, Darren Almond, Henri Foucault
Biographie des photographes

Darren Almond (Britannique, né le 30 octobre 1971 à Wigan)
Né en 1971 à Wigan, en Angleterre, Darren Almond vit et travaille à Londres. Il pratique indistinctement la vidéo, la photographie, la sculpture et l’installation. Il obtient, en 1993, son Bachelor of Fine Arts à la Winchester School of Art. Les années 2000 marquent les débuts d’une errance exploratoire, et l’artiste développe le projet Fullmoon@. Les photographies sont prises par des nuits de pleine lune. En 2005, il est nominé pour le Turner Prize. En 2007, il réalise une série intitulée Night + Fog où il se confronte aux paysages dévastés et enneigés des plaines de Sibérie septentrionale. En 2011 et 2012, il photographie les jardins de Monet à Giverny et entreprend la série Civil Dawn@Giverny.

Elger Esser (Allemand, né le 11 mai 1967 à Stuttgart)
Né à Stuttgart en 1967 d’une mère française et d’un père allemand, Elger Esser passe son enfance à Rome. En 1986, il s’installe à Düsseldorf et, de 1991 à 1997, il étudie la photographie à la Kunstakademie de Düsseldorf auprès de Bernd Becher, fondateur de l’École de photographie de Düsseldorf. Depuis 1996, il se passionne pour les « lieux archaïques au milieu de nulle part » et se rend régulièrement en Europe, pour entreprendre de grands paysages et des ventes photographiques. De 2006 à 2009, il enseigne la photographie à la Staatliche Hoschschule für Gestaltung de Karlsruhe et, en 2008, il est professeur invité à la Folkwang Universität d’Essen. L’année suivante, une rétrospective lui est consacrée au Kunstmuseum de Stuttgart.
En 2010, Esser obtient le Rhine Art Prize, et, répondant à l’invitation du Pôle Image Haute-Normandie, il consacre un cycle intitulé Nocturnes à Giverny.

Henri Foucault (Français, né le 3 juin 1954 à Versailles)
Sculpteur, photographe et vidéaste, Henri Foucault a étudié la sculpture à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris dont il sort diplômé en 1981. Fasciné par le cinéma muet, il réalise ses premiers photogrammes en 1991, avec la série Photogramme-Inox. Henri Foucault s’attache à la représentation du corps dans sa dimension sculpturale. En 2000, puis en 2002, il entreprend les séries Sosein et Satori qui interrogent les notions de l’absence/présence, du négatif/ positif. En 2008, il bénéficie d’une rétrospective à la Monnaie de Paris. Quatre ans plus tard, à l’initiative du musée des impressionnismes Giverny, il réalise une série de photogrammes de plantes, intitulée Vibrations, et entreprend des oeuvres de grande dimension, Deep Blue et Green Light, qui combinent des photogrammes revisités et le scintillement de milliers de cristaux Swarovski. Depuis 1995, il enseigne à l’École nationale supérieure des arts décoratifs de Paris.

Elger Esser
Combray (Giverny V),
France (Haute-Normandie, 27 Eure), 2010

Héliogravure sur papier fait main, 117 °— 133 °— 6 cm
Collection particulière
© Elger Esser 2010 © Paris, ADAGP, 2015

Bernard Plossu (Français, né le 26 février 1945 à Dalat, au Viêtnam)
Bernard Plossu passe son enfance et son adolescence à Paris, où il fréquente assidûment la Cinémathèque. À 13 ans, son père lui fait découvrir le Sahara, et il réalise au Brownie Flash ses premières photographies. En 1965, il part au Mexique à la rencontre des Lacandons au Chiapas, puis traverse
la Californie et prend les portraits de ses amis de la communauté beatnik américaine. En 1967, Plossu fait la connaissance, à Savigny-sur-Orge, des Fresson. En 1970, il voyage en Inde, puis en Afrique, en 1975 et 1977. Il délaisse le grand angle au profit d’un objectif 50 mm. De 1977 à 1985, il choisit le Nouveau-Mexique comme lieu de résidence. En 1979, Le Voyage mexicain, préfacé par Denis Roche, est publié aux éditions Contrejour à Paris. Il revient définitivement en Europe en 1985. En 1988, il obtient le Grand Prix National de la Photographie et bénéficie d’une bourse de la villa Médicis hors les murs et d’une rétrospective au musée national d’Art moderne de Paris. En 2012, le musée des impressionnismes Giverny expose ses photographies de la maison et des jardins de Monet réalisées en 2010 et 2011.

Stephen Shore (Américain, né le 8 octobre 1947 à New York)
Très jeune Stephen Shore découvre la photographie grâce à l’ouvrage American Photographs de Walker Evans qui l’influencera durablement. À 14 ans, il prend contact avec Edward Steichen, directeur du département de la photographie du Museum of Modern Art de New York, qui lui achète trois tirages. Puis, il côtoie Andy Warhol et les Velvet Underground à la Factory pendant près de trois ans. En 1969, il commence plusieurs séries photographiques en
noir et blanc à caractère conceptuel. En 1971, il est le premier photographe à se voir consacrer de son vivant une exposition personnelle au Metropolitan Museum of Art de New York. Il entreprend un périple à travers les États-Unis qui donne lieu aux journaux visuels American Surfaces (1972-1973) et Uncommon Places (1973-1981). En 1973, il abandonne le Rollei 35 mm pour la chambre photographique 4×5 pouces, puis 8×10 pouces. En 1977, le Metropolitan Museum of Art le charge de photographier la restauration des jardins de Claude Monet à Giverny. Depuis 1982, il dirige le département de la photographie au Bard College, dans l’État de New York. En 2014, Phaidon publie From Galilee to the Negev, ouvrage consacré à son

Stephen Shore
Giverny, France,
1977

Épreuve chromogénique couleur, 91,5 °— 115 cm
Par l’intermédiaire de l’artiste et de la 303 Gallery, New York
© Stephen Shore, par l’intermédiaire
de la 303 Gallery, New York

catalogue de l’exposition
Photographier
les jardins de Monet.
Cinq regards contemporains
L’exposition sera accompagnée d’un catalogue bilingue
(français et anglais), dans lequel les oeuvres exposées
seront reproduites en pleine page. Cet ouvrage
sera largement distribué en France et à l’étranger.

Sommaire du catalogue :

• Préface de Sébastien Lecornu, président du musée
des impressionnismes Giverny, de Guy Cogeval, vice-président
du musée des impressionnismes Giverny, et de Frédéric Frank,
directeur général du musée des impressionnismes Giverny.
• Introduction de Marina Ferretti Bocquillon,
directeur scientifi que du musée des impressionnismes Giverny
• Essai de Jeanne Fouchet-Nahas,
commissaire de l’exposition : « Photographier
les jardins de Monet. Cinq regards contemporains »
• Portfolio des oeuvres exposées
• Biographies des photographes (Stephen Shore,
Elger Esser, Darren Almond, Bernard Plossu, Henri Foucault)
par Vanessa Lecomte, attachée de conservation
au musée des impressionnismes Giverny
• Glossaire technique par Vanessa Lecomte

Catalogue

Édition : bilingue français/anglais
Coédition : le musée des impressionnismes Giverny
et Filigranes Éditions
Publication : juillet 2015
Format : 24 °— 29 cm, relié cartonné
Nombre de pages : 112 pages
90 photographies couleurs et noir et blanc
ISBN : 978-2-35046-357-5
Prix : 29 euros

Marina Ferretti Bocquillon
Marina Ferretti Bocquillon est directeur scientifique du musée
des impressionnismes Giverny. Elle a assuré le commissariat
d’importantes expositions, notamment « Signac »
(Paris, Grand Palais, Amsterdam, Van Gogh Museum et New York,
Metropolitan Museum of Art, 2001), « Le Néoimpressionnisme.
De Seurat à Paul Klee » (Paris, musée d’Orsay, 2005),
« Le Jardin de Monet à Giverny » (Giverny, musée des
impressionnismes, 2009), « Bonnard en Normandie » (Giverny,
musée des impressionnismes, 2011), « Signac, les couleurs de l’eau »
(Giverny, musée des impressionnismes et Montpellier,
Musée Fabre, 2013) et « Degas, un peintre impressionniste ? »
(Giverny, musée des impressionnismes, 2015). Elle est l’auteur
de plusieurs essais et ouvrages consacrés à l’impressionnisme,
parmi lesquels L’Impressionnisme (collection « Que sais-je ? »,
Paris, PUF, 2004).

Jeanne Fouchet-Nahas
Rédactrice en chef adjointe des Hors-Séries de Connaissance
des Arts, Jeanne Fouchet-Nahas a également été rédactrice
en chef adjointe de Connaissance des Arts Photo de 2004
à 2013. Elle a été co-commissaire de l’exposition itinérante
« Isabelle Huppert, La Femme aux portraits », réunissant
les photographies de 70 photographes de renom, de Lartigue
à Nan Golding, de Cartier-Bresson à Sugimoto… (New York,
PS1, 2005 ; Paris, Couvent des Cordeliers, Berlin, Galerie C/O
et Tokyo, Metropolitan Museum of Photography, 2006 ;
La Haye, Gemeentemuseum, 2007 ; Moscou, le Manège, 2008 ;
Beijing, UCCA, 2009 ; Séoul, The Museum of Photography, 2011).
Auparavant, elle a dirigé le magazine Paris Photo (1999-2003).
Elle a en outre collaboré à la Lettre internationale, revue
intellectuelle publiée dans dix pays européens de 1984 à 2002.
Jeanne Fouchet-Nahas a publié des articles sur la photographie
et a contribué à la rédaction de Transitions (Éditions Xavier
Barral / Rencontres d’Arles, 2013). Elle a participé à plusieurs
conférences sur la photographie notamment aux Rencontres
d’Arles, Christie’s Education ou l’Institut français de New York.

Vanessa Lecomte
Vanessa Lecomte est attachée de conservation au musée
des impressionnismes Giverny où elle a été
co-commissaire des expositions « Maurice Denis, L’Éternel
Printemps » et « Monet intime. Photographies de Bernard
Plossu » en 2012. En 2008, elle a été commissaire de l’exposition
« Portrait of a Lady » (Giverny, Musée d’Art Américain ;
Bordeaux, musée des Beaux-Arts, 2008-2009).
Elle a par ailleurs contribué à plusieurs expositions du musée
des impressionnismes Giverny, notamment
« Le Jardin de Monet à Giverny : l’invention d’un paysage » (2009),
« Joan Mitchell, peintures » (2009), « L’Impressionnisme au fil
de la Seine » (2010), « Maximilien Luce, néo-impressionniste.
Rétrospective » (2010), « Bonnard en Normandie » (2011),
et « Hiramatsu Reiji, le bassin aux nymphéas. Hommage
à Monet » (2013).

Elger Esser
Giverny VIII,
France 2010

C-Print, AluDibond, Forex, 123 °— 184 °— 4 cm
Collection particulière
© Elger Esser 2010 © Paris, ADAGP, 2015

 


 

SAISON 2014

Tarifs et accès : ICI

L’Impressionnisme et les Américains
28 mars – 29 juin 2014

 

Image-13John Singer Sargent
Lady Agnew de Lochnaw (1865-1932), 1892 (détail)
Édimbourg, Scottish National Gallery, NG 1656
© National Galleries of Scotland / Photo : A. Reeve

 

L’exposition rassemble plus de 60 tableaux peints en Europe et aux États-Unis entre les années 1880 et 1900. Elle débute avec des œuvres majeures peintes par les grandes figures d’expatriés que sont Mary Cassatt, John Singer Sargent et James A.M. Whistler. Il s’agit de mettre en évidence le rôle que ces Américains ont joué dans l’exploration des harmonies de couleurs claires et des compositions inédites élaborées au contact des impressionnistes français, tels Claude Monet et Edgar Degas. Parfois, l’assimilation des nouvelles techniques est plus progressive, comme le montrent Theodore Robinson et Childe Hassam à travers leurs vues de la campagne (Giverny) et des grandes villes (Paris, Boston, Chicago). Enfin, l’exposition présentera un ensemble d’artistes qui, à l’image de William Merritt Chase, ont su séduire le marché américain en adaptant les idées impressionnistes aux sujets américains : des rivages rugueux de la côte atlantique aux jardins publics new-yorkais, en passant par l’image de la femme américaine. De cette apparente diversité se dégage un courant impressionniste américain distinct, dont l’originalité pourrait se résumer ainsi : une nouvelle lumière pour un nouveau public.

Cette exposition est organisée par le musée des impressionnismes Giverny et la Terra Foundation for American Art, en collaboration avec la National Galleries of Scotland et le Museo Thyssen-Bornemisza. Avec le soutien généreux de la Terra Foundation for American Art.


Image-18Bruxelles, une capitale impressionniste
11 juillet – 2 novembre 2014

Emile Claus
La Levée des nasses, 1893 (détail)
© Bruxelles, musée d’Ixelles

 

Terreau fertile de modernité, plaque tournante des avant-gardes européennes, la Belgique s’est distinguée avec éclat pour son effervescence culturelle au tournant des XIX  et XX  siècles. Tout en s’imprégnant des courants novateurs développés dans les principaux foyers artistiques européens – réalisme, naturalisme, impressionnisme, néo-impressionnisme, symbolisme –, les artistes belges ont livré une production artistique singulière occupant, aujourd’hui encore, une place de choix dans l’histoire de l’art à l’échelle internationale. L’exposition invite à découvrir cette période de foisonnement intense, animée notamment à Bruxelles par les cercles d’avant-garde des XIX et XX siècles et de la Libre Esthétique, et révèle les grandes mouvances de l’art belge : du réalisme au post-impressionnisme au gré d’un cheminement pictural dévoilant sa propension particulière à sublimer le réel et la lumière.

Cette exposition est organisée en collaboration avec le Musée d’Ixelles, Bruxelles.


Image-20Autour de Claude Monet
28 mars – 2 novembre 2014

Maurice Denis
Soleil blanc sur les blés, vers 1914
Huile sur toile, 29 × 34cm
Giverny, musée des impressionnismes, don de Claire Denis,
MDIG D 2012.6
© Giverny, musée des impressionnismes
photo : Thierry Leroy

 

Le musée des impressionnismes présente, en marge de ses expositions, un accrochage centré autour de quelques tableaux de Claude Monet. L’esquisse de la collection du musée, associée à de généreux prêts d’œuvres, permet de mieux comprendre l’histoire de l’impressionnisme et du postimpressionnisme, et de montrer quels en ont été les développements en France et dans le monde. Sans oublier que ces mouvements artistiques, nés au cours d’une des périodes les plus riches de l’histoire de l’art français, restent une source d’inspiration pour de nombreux artistes aujourd’hui. Dans cette salle « Autour de Monet », les œuvres présentées pourront évoluer chaque année selon les prêts, mais le thème de l’accrochage restera inchangé. Ainsi, à chaque saison, les visiteurs auront le plaisir d’admirer, en plus de nos expositions temporaires, des œuvres sur ce thème impressionniste.

 


L’Impressionnisme et les Américains

Pour son cinquième anniversaire, le musée des impressionnismes Giverny, fidèle à ses missions, continue à dévoiler l’influence de l’impressionnisme à travers le monde. Pour le début de sa saison 2014, il s’associe à la Terra Foundation for American Art pour une exposition consacrée à l’art américain entre 1880 et 1900. Conçue en collaboration avec les National Galleries of Scotland (Édimbourg) et le Museo Thyssen-Bornemisza (Madrid), L’Impressionnisme et les Américains propose une exploration inédite de la pratique de l’impressionnisme chez les peintres américains des deux côtés de l’Atlantique. Du 28 mars au 29 juin 2014, à Giverny, pas moins de quatre-vingts oeuvres illustrent cette initiative originale. Parmi les peintures majeures des expatriés, certaines de Mary Cassatt, John Singer Sargent et James McNeill Whistler témoignent du rôle des artistes américains dans l’histoire de l’impressionnisme, tandis que d’autres exécutées à Giverny ou à Paris par Theodore Robinson et Childe Hassam révèlent une assimilation plus progressive des nouvelles techniques. Soigneusement sélectionnés, des tableaux de Claude Monet, Camille Pissarro et Edgar Degas attestent quant à eux
de moments d’échanges particuliers avec leurs homologues américains. L’exposition englobe également l’arrivée d mouvement outre-Atlantique : les oeuvres de William Meritt Chase, Edmund Tarbell, John Henry Twachtman et Frank Benson en offrent une vision originale à un nouveau public. Dès 1879, cinq ans seulement après la première exposition du groupe des impressionnistes, Cassatt expose avec ses représentants ; Sargent travaillent également à leurs côtés. Tous deux contribuent alors à définir les tendances de l’avantgarde. En revanche, des artistes américains plus jeunes découvrent l’impressionnisme à travers les toiles qu’ils peuvent admirer à Paris et, un peu plus tard, à Boston et à New York. Ce n’est qu’après 1890 que les peintres basés aux États-Unis commencent à appliquer les idées impressionnistes pour représenter des sujets clairement américains. Ils s’approprient certains aspects de l’impressionnisme – couleurs vives, touche fragmentée, sujets modernes – et en inventent d’autres en adaptant leurs styles respectifs au public des États-Unis. Cassatt, Sargent et Whistler, mais aussi d’autres artistes moins connus du public européen, comme William Merritt Chase, Childe Hassam, Edmund Tarbell ou John Henry Twachtman, ont passé de nombreuses années à enrichir leur travail, à l’occasion de voyages. Cosmopolites,
ils cherchaient l’inspiration et la reconnaissance aussi bien dans leur pays natal qu’à l’étranger.

Trois étapes en Europe

  • Musée des impressionnismes Giverny « L’Impressionnisme et les Américains » du 28 mars au 29 juin 2014
  • National Galleries of Scotland « American Impressionism: A New Vision, 1880-1900 » du 19 juillet au 19 octobre 2014
  • Museo Thyssen-Bornemisza « Impresionismo Americano » du 4 novembre 2014 au 1er février 2015

Cette exposition est organisée par le musée des impressionnismes Giverny et la Terra Foundation for American Art, en collaboration avec les National Galleries of Scotland et le Museo Thyssen-Bornemisza. Avec le soutien généreux de la Terra Foundation for American Art.

Sous le patronage de Madame Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication, et de l’Ambassade des États-Unis d’Amérique.

La Caisse d’Épargne Normandie est mécène de l’exposition.


En Europe
(1880-1890)

« Miss Mary Cassatt, elle, n’est pas allée à la mode, au genre applaudi, au succès, puisqu’elle est allée aux impressionnistes décriés. Une similitude de vision fut la cause de ce choix, et cette vision s’est agrandie, s’est faite de plus en plus attentive, la femme volontaire a vraiment appris à peindre. » Gustave Geffroy, La Vie Artistique, 3e série, Paris, Dentu, 1894, p. 277-278

Mary Cassatt et John Singer Sargent :
un impressionnisme cosmopolite

Seule artiste américaine à avoir exposé à Paris avec les impressionnistes, Mary Cassatt occupe une place de choix dans l’exposition. En 1886, Jeune fille à la fenêtre et Enfants sur la plage font partie des oeuvres présentées lors de la dernière exposition du groupe. Cassatt est l’amie d’Edgar Degas et de Camille Pissarro, à qui elle a acheté Femme au fichu vert. Loin de se contenter de collectionner des tableaux pour son propre compte, elle joue un grand rôle dans la promotion de l’impressionnisme français auprès des collectionneurs américains. John Singer Sargent est la deuxième figure majeure de l’exposition. Expatrié lui aussi, il expérimente les techniques impressionnistes pendant les années qu’il passe en France et en Grande-Bretagne. Malgré leur facture audacieuse et leurs sujets urbains modernes, Le Jardin du Luxembourg au crépuscule et Une jeune mendiante parisienne sont encore à la marge de l’impressionnisme : ce n’est que plusieurs années plus tard que l’artiste éclaircit sa palette et opte pour des compositions plus spontanées, peintes en plein air. Cette évolution découle de son amitié avec Claude Monet, dont il fait le portrait lors d’une visite à Giverny en 1885 : Claude Monet peignant à l’orée d’un bois (1885) représente le maître français travaillant à une toile qui a été identifiée – il s’agit de Prairie aux meules de foin près de Giverny, l’un des premiers tableaux de la série des Meules.

Giverny et Paris

En 1887, un groupe de jeunes peintres venus des États-Unis et du Canada s’installe à Giverny. Inspiré par Monet et par la lumière changeante de ce village de Normandie, Theodore Robinson, pour les paysages qu’il peint en plein air, adopte peu à peu la touche spontanée et la palette de couleurs vives propres aux impressionnistes. Ami de Monet, il voit souvent des tableaux du maître dans sa maison de Giverny. Au cours de ses années givernoises qu’il passe dans le même village, entre 1887 et 1891, John Leslie Breck apprend également au contact de Monet. Dans sa série d’esquisses de meules de foin directement inspirées de celles du peintre français, il s’exerce à saisir les fluctuations de la lumière. Quant à Childe Hassam, il découvre l’impressionnisme lors du séjour qu’il fait à Paris entre 1886 et 1889. C’est avec des tableaux comme Le Jour du Grand Prix, peint pour le Salon de 1888, qu’il commence à expérimenter des couleurs plus vives et des sujets plus modernes.


Aux États-Unis
(1890-1900)

« …il est intéressant d’observer à quel point l’impressionnisme est perceptible, à Paris, à Londres et à New York, parmi les jeunes artistes et comme tout miroite d’un éclat prismatique – dans les ciels et les mers d’opale, dans les paysages chatoyants où apparaissent d’étranges moissons délicatement colorées, et dans les portraits encore plus singuliers… »

W.H.W., What is Impressionism ?, Art Amateur 27, novembre 1892, p. 140.

Le retour aux États-Unis :
la recherche de sujetsaméricains

Au début des années 1890, les couleurs prismatiques, la touche fragmentée et les ombres mauves s’imposent dans les expositions organisées à New York, Philadelphie et Boston, et les critiques américains entreprennent d’expliquer le nouveau style. Les artistes rentrés aux États-Unis après avoir étudié en Europe pendant des années cherchent à adapter l’impressionnisme à leur nouveau public en choisissant des sujets de leur pays natal, surtout parmi ceux qui leur sont familiers. En 1887-1888, William Merritt Chase abandonne sa palette sombre pour créer une série de scènes de jardins publics aux couleurs vives. Dans les années 1890, pendant les étés qu’il passe sur la côte de Long Island, il poursuit dans cette voie en travaillant en plein air : ses tableaux lumineux représentent des femmes et des enfants occupés à leurs loisirs. Childe Hassam, Theodore Robinson et Dennis Miller Bunker, peignent quant à eux New York, les villages de Nouvelle- Angleterre et la côte du Maine avec des couleurs éclatantes et une facture libre. Comme les impressionnistes français, ils s’intéressent surtout à traduire la fugacité.

Robes blanches sous le soleil d’été

À la fin du xixe siècle, pendant le Gilded Age (l’âge d’or américain), les femmes et les enfants sont souvent vêtus de blanc en signe de pureté et d’innocence. Le blanc lumineux attire notamment Cecilia Beaux et John Singer Sargent. Ces grands pans de tissu sont alors un objet d’exploration artistique. Edmund Tarbell et Frank Benson accentuent la luminosité des robes blanches en faisant poser leurs modèles sous un éclatant soleil d’été. Lorsque Tarbell présente Au verger à l’Exposition universelle de 1893, organisée à Chicago, sa toile est applaudie pour l’« américanité » qui y est perçue. Quant aux femmes et aux jeunes filles rayonnantes de santé peintes en plein air par Benson, elles incarnent un nouvel idéal, celui de la femme du XXe siècle.

Un impressionnisme « whistlérien »

Même s’il passe la plus grande partie de sa vie en Europe – comme Sargent – James McNeill Whistler conserve la citoyenneté américaine. Avec ses tableaux insolites et éthérés, qui portent des titres comme Harmonies ou Nocturnes, il crée un style nouveau. À la fin des années 1860 et au début des années 1870, alors qu’il travaille à Londres, il peint des nocturnes monochromes d’une facture extrêmement lisse et mince. Bien qu’antérieurs à l’impressionnisme, des tableaux comme Nocturne en bleu et argent – Chelsea (1871) ont influencé d’innombrables peintres britanniques, français et américains. En 1886, lorsque John Henry Twachtman s’installe à la campagne, dans le Connecticut, il puise l’inspiration chez Whistler et dans les paysages de neige des impressionnistes. Il développe ainsi son propre style : la blancheur de la neige lui permet d’associer la perception à l’émotion et de produire des toiles mystiques qui sont autant de reflets de sa vie intérieure.

États-Unis

  • Atlanta, Georgia, High Museum of Art
  • Boston, Massachussetts, Museum of Fine Arts
  • Brooklyn, New York, Brooklyn Museum
  • Chicago, Illinois, Terra Foundation for American Art
  • Hartford, Connecticut, Wadsworth Atheneum Museum of Art
  • Indianapolis, Indiana, Indianapolis Museum of Art
  • Milwaukee, Wisconsin, Milwaukee Art Museum
  • Minneapolis, Minnesota, Minneapolis Institute of Arts
  • New Britain, Connecticut, New Britain Museum of American Art
  • New York, New York, The Metropolitan Museum of Art
  • Northampton, Massachusetts, Smith College Museum of Art
  • Philadelphia, Pennsylvania, Philadelphia Museum of Art
  • Philadelphia, Pennsylvania, Pennsylvania Academy of the Fine Arts
  • Providence, Museum of Art, Rhode Island School of Design
  • Rochester, New York, Memorial Art Gallery, University of Rochester
  • Toledo, Ohio, Toledo Museum of Art
  • Tulsa, Oklahoma, Gilcrease Museum
  • Washington, Corcoran Gallery of Art
  • Washington, House Collection Dumbarton Oaks
  • Washington, National Gallery of Art
  • Washington, Smithsonian American Art Museum
  • Water Mill, New York, Parrish Art Museum
  • Waterville, Maine, Colby College Museum of Art

EUROPE

Espagne

  • Bilbao, Museo de Bellas Artes
  • Madrid, Museo Thyssen-Bornemisza
  • Madrid, Collection Carmen Thyssen-Bornemisza

France

  • Montpellier, musée Fabre
  • Paris, musée d’Orsay
  • Paris, Petit Palais, musée des Beaux Arts de la ville de Paris

Royaume-Uni

  • Édimbourg, National Galleries of Scotland
  • Londres, Tate

 

L’Impressionnisme et les Américains

 

 Ouvrage co-édité par le musée des impressionnismes Giverny, les National Galleries of Scotland, le Museo Thyssen-Bornemisza, et les Éditions Hazan, en partenariat avec la Terra Foundation for American Art. Le catalogue illustre plus de quatre-vingts tableaux de grands peintres américains, notamment de Mary Cassatt, John Singer Sargent, James McNeill Whistler, Childe Hassam, William Merritt Chase, Edmund Tarbell et John Henry Twachtman. Qu’elles représentent des jardins publics, des paysages ruraux ou des femmes vêtues de blanc, beaucoup de ces oeuvres seront une découverte pour le public européen. Les textes de Richard Brettell, de Frances Fowle et de Katherine Bourguignon situent l’exposition dans son contexte. Dans son introduction provocatrice, Richard Brettell aborde la question de l’identité nationale en s’interrogeant sur les expressions d’« impressionnisme français » et d’« impressionnisme américain ». Frances Fowle propose quant à elle une intéressante étude sur les débuts de l’impressionnisme américain en Europe, analysant la relation des différents artistes américains avec les techniques et les idées impressionnistes entre 1880 et le début des années 1890. Enfin, Katherine Bourguignon s’intéresse plus particulièrement à la situation des États-Unis après 1890 en examinant les diverses solutions trouvées par les peintres américains pour s’approprier l’impressionnisme et l’adapter à des sujets de leur pays natal. Le catalogue est publié en trois langues (française, anglaise et espagnole). Il est édité par Hazan qui assure sa distribution en France ; au Royaume-Uni et aux États-Unis, il est distribué par Yale University Press.

Katherine Bourguignon
est conservatrice à la Terra Foundation for American Art Europe. Titulaire d’un doctorat en histoire de l’art de l’Université de Pennsylvanie, elle est spécialiste de l’art français et de l’art américain de la fin du xixe siècle et du début du xxe siècle. Depuis 2007, elle a organisé des expositions à Giverny, à San Diego et à Tokyo sur la colonie internationale d’artistes de Giverny. Ces dernières années, elle a participé à l’organisation d’expositions consacrées à des artistes américains avec la National Gallery de Londres : George Bellows en 2011 et Frederic Edwin Church en 2013.

Richard Brettell
est professeur et président de la faculté d’esthétique et d’histoire de l’art à l’Université du Texas à Dallas. Spécialiste reconnu de la peinture française au xixe siècle, il a publié de nombreux ouvrages sur l’impressionnisme. En 1999, il a contribué à la création du FRAME (French Regional American Museum Exchange), un réseau de collaboration entre musées américains et français. En 2001, il a organisé une exposition majeure intitulée Impression, Painting Quickly in France (Impressions, peindre dans l’instant : les impressionnistes en France) à la National Gallery de Londres, au Van Gogh Museum d’Amsterdam et au Clark Art Institute de Williamstown (Massachusetts). Ces dernières années, il a collaboré à de nombreux catalogues, notamment dans Pissarro (Museo Thyssen-Bornemisza 2013), Édouard Vuillard, a Painter and his Muses, 1890-1940 (Stephen Brown, Yale 2012) et Chefs-d’oeuvre de la peinture francaise du Sterling and Francine Clark Art Institute : de l’école de Barbizon à l’impressionnisme (Skira Rizzoli, 2011).

Frances Fowle
est conservatrice en chef du département de la peinture française à la Scottish National Galleries (National Galleries of Scotland) et maître de conférences en histoire de l’art à l’Université d’Édimbourg. Titulaire d’un doctorat de l’Université d’Édimbourg, elle est spécialiste de l’impressionnisme français et de la peinture de paysage européenne. Elle a organisé des expositions consacrées à l’impressionnisme et au symbolisme et écrit de nombreux articles scientifiques pour des catalogues d’exposition. Ces dernières années, elle a notamment coécrit Peploe (Yale U.P. 2012), un ouvrage sur Samuel John Peploe, post-impressionniste écossais, Le paysage symboliste en Europe 1880-1910 : de Van Gogh à Kandinsky (Thames & Hudson 2012) et Monet and French Landscape : Vétheuil and Normandy (NGS publications, Édimbourg 2006).


Questions à la commissaire de l’exposition Katherine Bourguignon,

conservatrice à la Terra Foundation for American Art

 

- Quelles ont été les motivations de Mary Cassatt pour exposer avec les impressionnistes ? De quelles manières, a t-elle promu le courant pictural français auprès des collectionneurs américains ?
En voyage à Rome, Cassatt ne visite pas la première exposition impressionniste qui se tient à Paris en 1874. À cette époque, elle expose au Salon tout en s’intéressant aux expositions indépendantes, et voue une admiration à l’oeuvre d’Edgar Degas. C’est lui qui en 1877 invite Cassatt à participer à la cinquième exposition du groupe en 1879. Dès lors, comme les impressionnistes, elle ne participe plus au Salon et soutient de plus en plus les artistes d’avant-garde. Pendant toute sa carrière, Cassatt encourage ses amis et sa famille à acheter des tableaux impressionnistes. En 1877, elle conseille à Louisine Havemeyer l’acquisition de son premier tableau de Degas. Havemeyer comptera ainsi dans sa collection soixante-cinq tableaux et pastels de Degas. Les motivations de Cassatt sont multiples. Elle cherche à aider ses amis peintres mais aussi à enrichir les collections et les musées aux États-Unis. Elle veut permettre aux américains de connaître le meilleur de l’art européen – les chefs-d’oeuvre des maîtres anciens ainsi que ceux des impressionnistes.

- Quelle était la notoriété de l’impressionnisme français outre-Atlantique au cours des années 1880 ?
Au début des années 1880, l’impressionnisme français est présenté par la presse américaine de manière caricaturale. Les journalistes, qui n’ont pas vu beaucoup de tableaux impressionnistes sur le sol américain, restent perplexes devant le phénomène. C’est pourquoi ils associent le mouvement avec des artistes tels que Corot, Manet, Whistler ou Homer. Au cours des années 1880, de plus en plus d’expositions sont consacrées à l’impressionnisme français aux États-Unis et la critique se divise : certains continuent à dénoncer ce nouveau style mais ceux qui cherchent à le comprendre sont de plus en plus nombreux.

- Certains artistes ont établi leur « résidence » à Giverny. Comment expliquer ce choix ?
Les artistes qui se rendent à Giverny sont à la recherche d’un lieu de villégiature proche de Paris, où ils peuvent peindre en plein air. Les colonies comme Barbizon ou Grez-sur-Loing accueillent en 1887 beaucoup d’artistes contrairement à Giverny. Un premier groupe s’installe dans des maisons du village et fait la connaissance de Monet. Ils commencent à peindre les alentours. Très vite cependant, Giverny attire de nouveaux peintres et le petit village devient une véritable colonie au début des années 1890. Monet se retire chez lui face à cette invasion de jeunes gens venus du monde entier.

- John Singer Sargent a réalisé, une partie de sa carrière en Europe. A quelle époque était-ce ? Pourquoi cet exil et combien d’années a t-il duré ?
John Singer Sargent est né à Florence de parents américains. Il passe toute sa vie en Europe et effectue à l’âge de 20 ans son premier voyage aux États-Unis en 1876. Il ne retournera en Amérique qu’à l’occasion de courts séjours pendant les années suivantes. En véritable expatrié, Sargent se plait à vivre à Londres, Paris ou Venise. Il ne se considère pas moins « américain » et expose aussi bien en Europe qu’aux États-Unis.

- En France, il a été proche de Claude Monet. Comment leur amitié est-elle née ? Quelles ont été leurs influences artistiques mutuelles ?
C’est en 1876 à la galerie Durand-Ruel que Sargent rencontre Claude Monet. En 1881, ils exposeront ensemble au Cercle des arts libéraux à Paris à l’occasion d’une exposition collective. Sargent a 16 ans de moins que Monet. Leur correspondance montre l’Américain avide de conseils. Il rend visite à Monet à Giverny en 1885 avec lequel il se lie d’amitié. Dès son retour en Angleterre, Sargent commence une série de tableaux en plein air s’inspirant du maître français. À cette époque, Monet, quant à lui, exécute une série de tableaux avec des personnages en plein air avant de se consacrer uniquement au paysage. Serait-il possible que le français s’inspire de l’oeuvre de Sargent connu pour ses portraits ? Sargent trouve quelques acheteurs américains pour des oeuvres de Monet.

-Whistler était-il lié aux artistes impressionnistes français ?
Whistler n’exposera pas avec les impressionnistes français, mais il entretiendra pendant toute sa carrière des relations étroites avec plusieurs membres du groupe. Il rencontre Degas au début des années 1860, et un respect mutuel s’installera entre les deux artistes. Autour de 1870, Whistler et Monet évoluent dans les mêmes cercles artistiques à Paris et dès 1876, entretiennent une correspondance. Ce n’est qu’à compter de 1886 qu’une amitié liera les deux artistes. Ils commencent à exposer ensemble et se rendent régulièrement visite. Whistler, de six ans l’aîné, invite Monet en 1886 à exposer à la Society of British Artists, et l’année suivante Monet encourage Whistler à envoyer des oeuvres à la galerie Georges Petit, à Paris.

- De retour sur le sol américain, comment les artistes sont-ils parvenus à exposer leurs toiles d’influence impressionniste ? Quel a été alors l’accueil de ces toiles par la critique ?
Dès 1890, des artistes comme Theodore Robinson et John Leslie Breck commencent à exposer leurs oeuvres givernoises aux États-Unis alors qu’ils continuent de travailler dans le village. Même s’ils trouvent quelques admirateurs parmi les artistes et la critique, ces tableaux ne reçoivent pas les faveurs du grand public. Au cours des années 1890, les impressionnistes américains tels que William Merritt Chase, Childe Hassam et Edmund Tarbell exposent, notamment à New York et Boston. Mais ce n’est qu’en 1893 que l’impressionnisme américain trouve enfin sa reconnaissance à l’occasion de l’Exposition universelle de Chicago, où ces peintres américains sont largement représentés. L’impressionnisme américain perdurera jusqu’à la Première Guerre mondiale chez certains artistes américains qui travaillent en Californie.


 

Bruxelles, une capitale impressionniste | 11 juillet au 2 novembre 2014

 

La Belgique, qui a conquis son indépendance en 1830, connaît une prospérité exceptionnelle au cours du xixe siècle. Forte d’une industrialisation particulièrement précoce et d’un contexte libéral propice, elle s’affichera dès la fin du siècle comme une des toutes premières puissances économiques mondiales. Cette effervescence économique engendre une urbanisation rapide accompagnée d’une explosion démographique, mais aussi d’un bouillonnement culturel sans précédent. La modernité se déploie en tous domaines, accompagnée de tensions sociales inhérentes à une période de mutation intense qui suscite des visions très contrastées. À l’image de cette société en plein essor, les artistes belges explorent des voies alternatives dès les années 1860.

Carrefour des avant-gardes artistiques, la ville de Bruxelles s’est distinguée avec éclat par son effervescence culturelle au tournant des xixe et xxe siècles. Patrie de l’Art Nouveau et du Symbolisme, elle fut aussi parmi les premières à accueillir les chefs-d’oeuvre impressionnistes et néo-impressionnistes aux Salons des XX et de la Libre Esthétique.

Traditionnellement enclins à décrire le réel, sensibles au langage de la couleur et de la lumière, les peintres belges se sont alors imposés sur la scène artistique européenne en affirmant leur originalité au sein du mouvement impressionniste. Très tôt, des personnalités aussi diverses que celles de James Ensor, Emile Claus ou Théo Van Rysselberghe ont assimilé les leçons de la nouvelle peinture et se sont affirmées avec une indépendance rare dans l’évocation de la vie moderne, l’interprétation du paysage et l’art du portrait. Au fil de l’exposition qui présentera une centaine de tableaux issus des grands musées européens ainsi que d’importantes collections particulières, le parcours révèlera leur originalité. De 1870 à 1914, les peintres belges innovent dans une approche du réel, sublimé par une technique plus libre dans le traitement de la touche, de la lumière et de la couleur.


 

Autour de Claude Monet | 28 mars – 2 novembre 2014

 

Le musée des impressionnismes présente, en marge de ses expositions, un accrochage centré autour de quelques tableaux de Claude Monet. L’ esquisse de la collection du musée, associée à de généreux prêts d’oeuvres, permet de mieux comprendre l’histoire de l’impressionnisme et du postimpressionnisme, et de montrer quels en ont été les développements en France et dans le monde. Sans oublier que ces mouvements artistiques, nés au cours d’une des périodes les plus riches de l’histoire de l’art français, restent une source d’inspiration pour de nombreux artistes aujourd’hui. Les oeuvres présentées pourront évoluer chaque année selon les prêts, mais le thème de l’accrochage restera inchangé. Ainsi, à chaque saison, les visiteurs auront le plaisir d’admirer,en plus de nos expositions temporaires, des oeuvres sur le thème de l’impressionnisme.


SAISON 2013

Hiramatsu, le bassin aux nymphéas. Hommage à Monet. Du 13 juillet au 31 octobre 2013 L’art japonais n’a pas été sans influencer Claude Monet comme l’atteste sa collection d’estampes japonaises que l’on peut aujourd’hui admirer dans sa maison à Giverny. L’exposition « Hiramatsu, le bassin aux nymphéas. Hommage à Monet » montrera que, tout comme les estampes japonaises furent pour les impressionnistes une façon d’introduire une nouvelle philosophie de l’espace et de la lumière, les toiles de Monet représentent une source d’inspiration créatrice pour Hiramatsu Reiji.
Hiramatsu Reiji
Dessin de nénuphars et Jeu
© Hiramatsu Reiji. Collection particulière

Ce peintre japonais, né à Tokyo en 1941, visite Paris pour la première fois en 1994 et découvre les Nymphéas à l’Orangerie. Il se plait alors à marcher sur les traces du maître français dont il visite le jardin à Giverny. Plus de vingt tableaux et paravents peints selon la technique traditionnelle du nihonga, alliant tradition et modernité, seront réunis. Ces oeuvres seront associées à des oeuvres de Claude Monet, et à une sélection d’estampes japonaises, de Hokusai à Hiroshige.
Hiramatsu Reiji
Reflet de nuage doré
© Hiramatsu Reiji. Collection particulière.
Conférence « Le retour du japonisme au pays »
Le samedi 20 juillet à 15h30 par Hiramatsu Reiji, artiste-peintre. Conférence organisée par la Maison de la culture du Japon et l’Ambassade du Japon en France.
Le peintre de Nihonga, Hiramatsu Reiji, évoquera l’intérêt des artistes occidentaux pour l’art japonais

Giverny musée des impressionnismes 2013. Signac, les couleurs de l’eau. Du 29 mars au 2 juillet 2013. Dans le cadre de la seconde édition du festival Normandie Impressionniste consacrée au thème de l’eau, le musée des impressionnismes Giverny organise une exposition « Signac, les couleurs de l’eau ». Comme Claude Monet, Paul Signac a trouvé une source d’inspiration constante dans l’évocation de l’eau et de ses couleurs. Depuis les premières marines peintes sur le littoral normand avec une vigueur et une liberté impressionnistes jusqu’aux amples architectures portuaires aux couleurs vives d’après-guerre, la description de l’eau et du ciel offrirent à Signac un inépuisable prétexte à multiplier les variations chromatiques.
Paul Signac (1863-1935)
Voiles et pins, 1896
© Collection particulière

L’exposition comptera cent vingt oeuvres environ, peintures, aquarelles et dessins. Elle sera complétée par une riche section documentaire (photographies, publications et correspondances) présentée avec le concours des Archives Signac.
Paul Signac (1863-1935)
Les Andelys, la berge, 1886
Paris, musée d’Orsay. © Musée d’Orsay / Hervé Lewandowski